Choix du NUMÉRO
J.S.O. n°034
NUMÉRO AUTOMNE 2007


Poesie Marseille
Jean-Jacque Lebel Du politique / du poétique
Sylvie Réno Galerir Athanor -- "Fines Lames"
Jean-François Maurige -- L´atelier, la machine
au [m.a.c] Marseille artiste associés jusqu´au 30 mars 2008 :
Marseille artiste associés ..... Jean-François Meyer
Marseille artiste associés ..... Marc Roudier
[m.a.c] --- Galerie Art-cade «Paysages» Raphaëlle Paupert-Borne
[m.a.c] --- Galerie Art-cade «Paysages» Cécile Beau
Anne-Valérie GASC Galerie du Tableau -- LE Q.G ne répond plus
Présence singulière -- A la Galerie de la Vieille Charité
CIRVA La Vieille charité Chapelle de Puget
Max Charvolen : Le Trésor des Marseillais
Marseille Artiste Associés à travers la ville ..... Nicolas Tardy
CAHIER DETACHABLE
FESTIVALS DE POESIE ET DE PERFORMANCES :
Poésie Marseille 2007 -- 4ème !
Site du festival Poésie Marseille 2007 4ème !












SOMMAIRE

Jean-Jacque Lebel Du politique / du poétique



Forever Young, la Diva 1989 Sculpture : bois,cuir,caoutchouc,papier,metal,plumes - 325 x 140 x 25 cm

Jean-Jacques Lebel
Du politique / du poétique


Jean-Jacques Lebel, artiste historique du vingtième siècle expose à la Galerie Jean-Francois Meyer cinq pièces emblématiques de son travail plastique.

Né à Paris en 1936, Jean-Jacques Lebel expose dès les années cinquante. Après un bref passage auprès de l´avant-garde française et en particulier des surréalistes ; Fortement marqué aux Etats-Unis par la poésie d´Allan Kaprow, il importe en Europe la pratique du happening. Il est ainsi l´auteur du premier happening européen à Venise : L´enterrement de la Chose, la chose étant une statue de Tinguely jetée cérémonieusement dans les eaux du grand Canal ; Et crée le scandale en France, défrayant la chronique par ses actions autant libertaires que libertines comme " Déchirex " au Festival de la libre expression en 1964, " 120 minutes dédiées au divin marquis " Paris 1966, ou " Le désir attrapé par le queue " pièce de Picasso qu´il met en scène en 1967.

ll publie le premier essai critique en français sur le mouvement des happenings à travers le monde. à partir de cette date, il produit plus de soixante-dix happenings, performances et actions, parallèlement à ses activités picturales, poétiques et politiques. Il travaille à Paris, Londres, New York avec Oldenburg, Kaprow, Kudo, Erró, Carolee Schneemann, Yoko Ono, Daniel Pommereulle, Nam June Paik, Robert Filliou, ... En 1960, il est à l´initiative du "Grand tableau antifasciste collectif" (4 x 5 mètres) peint par Baj, Dova, Crippa, Erro, Lebel et Antonio Recalcati, puis exposé à l´Anti-Procès de Milan, en 1961 où il prend position contre la guerre d´Algérie et la torture en organisant une grande manifestation artistique.

Si la connaissance de l´?uvre de Jean-Jacques Lebel et de son rôle primordial dans l´évolution de l´art du vintième siècle reste confidentielle, c´est avant tout parce qu´il a gardé son indépendance de pensée et de pratique en traversant les différents mouvements de l´avant-guarde. Il n´a jamais renié ses engagements passés, pour lui " L´art est un acte de rupture, de liberté, non une carrière ou un trône ". Ainsi, à la différence de nombreux autres artistes il n´a jamais souhaité faire carrière, et son oeuvre s´est faite d´elle même, en partie en marge du marché et des institutions.

Halt 1978 Poème visuel, assemblage de plaques emaillées - 240 x 5 cm

Les happenings, tout comme les pièces de Jean-Jaques Lebel qui sont présentées à la galerie, mettent en scène et posent la question de la cohabitation du religieux, ou plus largement du sacré, et de l´obscénité à travers des représentations explicitement sexuelles.
La pièce Vidéo, " les Avatars de Vénus ", moyen métrage qui utilise la technique du morphing, fait s´entrelacer des images de représentation de la femme issues indifféremment de journaux, photographies, peintures, sculptures de toutes époques et civilisations. Cette pièce est l´aboutissement d´un travail d´installations évolutives et prolifiques menées depuis de nombreuses années et qui a pour titre " Reliquaire pour un culte de vénus " dans lequel l´artiste faisait s´associer au mur des galeries une accumulation de plus de trois mille éléments collectés à travers l´Europe, des images de femmes issus de corpus variés (religieux, Histoire de l´art et des civilisation, culture populaire et pornographie). Cette dernière tentative par la vidéo d´illustrer ce qui serait l´archétype de la " Vénusté " à travers un inventaire des formes et des représentations de la femme, renoue dans sa forme plastique avec ses premiers travaux de peintures. Le procédé de morphing savamment travaillé fait s´entrelacer les images dans des fondus, des volutes, comme autant de sécrétions, d´yeux sexués qui étaient déjà présents dans ses peintures abstraites. En outre ce procédé de l´accumulation, de l´inventaire, comme matériau nécessaire à l´émergence de l´idée, n´est pas sans rappeler les méthodes des Surréalistes.
L´artiste dans ses travaux multiplie les hommages à des personnalités de l´art, du cinéma, soit directement dans le titre de ses ?uvres (hommages à Breton, Bataille, Man Ray, Duchamp...), soit par des collages de coupures de presse, et autres procédés au sein même des oeuvres. Nous en avons un exemple ici dans l´ensemble des pièces, avec "Halte" et le panneau Godard 4è étage, Dans la pièce " forever Young, La Diva " représentant Ava Gardner, et dans " J´a Rrose Sélavy " , a travers une pisseuse qui fait allusion à l´?uvre de Duchamp.
Ainsi, l´oeuvre de Jean-Jacques Lebel est extrêmement référencée. On a souvent taxé son travail d´univoque et discursif, comme étant trop littéralement engagé, c´est un aspect que l´artiste assume conceptuellement comme une lecture au premier degré de son ?uvre : " on a fait de l´art conceptuel à partir d´objets, de paysages et de mots, pourquoi ne pas en faire d´images sexuelles qui s´adressent d´emblée à des regardeurs et des regardeuses affublés de regards éteints. Toute image forte doit d´abord ruser, avec la cécité et le regard ab oculaire du spectateur. "
En effet, derrière ces Totems comme celui qu´évoquent les plumes de la pièce " forever Young, La Diva ", ses stèles, ses reliquaires, ses portraits, ses icônes, ses hommages..., Plus qu´à la figure sujet du culte qu´il dépeint, l´artiste s´intéresse aux mécanisme qui font de l´objet une Icône, un objet sacré, et à l´appropriation de ses sujets par le monde de la consommation, le monde libéral.

Jean-Jacques Lebel, Poète- Artiste érotologue, fervent défenseur de Giorgio Baffo, Georges Bataille, Sade...Nous montre que les images, qu´elles soit pornographiques, issues de l´iconographie populaire, du monde culturel estampillées chef d´?uvre, ou de l´iconographie religieuse ; Ne résistent pas à la mercantilisation. Pour lui, " la véritable obscénité s´est déplacée du sexuel au social ". La notion du désir primaire s´est déplacée vers celui du pouvoir et en particulier du pouvoir religieux et politique.

Ainsi, " dans une organisation sociale qui n´assure à l´écrivain et à l´artiste que des rôles de publicitaires, de courtisans ou de bouffon producteur de plus-value. " ; L´artiste joue son rôle, et tente un retournement de la situation en faisant siens les archétypes du désir, du pouvoir, par l´accumulation, il embrasse les mécanismes de consommation des images dans une mise en abîme jusqu´à l´usure, une usure qui permet à l´ensemble de réacquérir sa virginité primitive et de se transcender.
Ainsi, Jean-Jacques Lebel, héritier des avant-gardes du vingtième siècle, a su voir dans son exploration poétique et formelle, tout comme Hans Hacke l´a déclaré à propos de la performance que " la question de l´absolu ne peut se passer de l´immersion dans la contingence ". Il s´est préservé ainsi des dérives lucratives qu´ont connues bon nombre de ses contemporains. Pour lui, " L´art total n´est pas un dogme, c´est une volonté de changer de vie par tous les moyens qui nous semblent poétiques. "

Joliot Florent


Galerie J-F Meyer
43 rue Fort Notre-Dame
13001 MARSEILLE
04-91-33-95-01


Jean-Jacque Lebel Du politique / du poétique


SOMMAIRE

Sylvie Réno Galerie Athanor


"Fines Lames"

Photo Jean-Christophe Lett

Simili

Il y a des gens qui ont de la tendresse envers les objets. Moi je les déteste. Je rêve d´un monde débarrassé de leur affect kitsch, de leur rémanence. On en déduit donc ma consternation devant l´oeuvre de Sylvie Réno qui produit des artefacts en carton d´un peu tous les objets du monde, et surtout les plus inutiles. Investir autant de temps dans du jetable. En rajouter une couche dans l´emballage afin de souligner une " viduité " supplémentaire, pour employer un mot de Beckett. Cet auteur est mis à toutes les sauces depuis longtemps. Le mot absurde aussi. Sans doute que sa facilité ne va pas si bien à Beckett ni à Sylvie Réno. Pourtant, quand j´entre dans la galerie Athanor rétrécie par la pléthore maniaque, je me doute immédiatement qu´il y a là une critique aiguisée et cruelle de nos compulsions : celle du temps passé à ne rien faire tout en occupant ses mains, celle de la collectionnite, maladie du collectionneurs de collections, enfin, la plus sénile, celle qui transforme la ménagère en mamie bag.

Il y a quelques temps, j´étais au Vietnam où on entretient encore le culte confucéen des défunts et où on leur offre pour leur crémation, déposés sur leur cercueil, des costards en papier, des scooters, voitures et villas en carton, des piles de lingots d´or bidon et des liasses de faux billets d´un milliard de dollars. Potlatch pas si ruineux parce que j´ai pu acquérir tous ces biens de consommation post mortem pour une poignée de donghs. J´imagine avec effarement que Sylvie Réno pourrait proposer à tous les catalogues Manufrance de la planète une sorte de monde des doubles, un envers en carton, un au-delà froissable et jetable, une population de fantômes au clonage frénétique et promise aux compressions de la benne à ordures.

Photo Jean-Christophe Lett

C´est vrai, rien de plus déceptif que les objets. Je n´en possède qu´un de Sylvie Réno : un décapsuleur en carton offert par le Bureau des Compétences et Désirs. Les soiffards comprendront mon air navré. De même une fermeture éclair de braguette en carton ne risque guère de poisser les doigts.

Curieux comme tout cela est joueur et grave. Je n´ai jamais vu du trash aussi bien ordonné. J´avais presque le mouron. Toutes cette explosion figée par un ordre répétitif et symétrique. Oh, le blues de la femme au foyer ! ça sent le tranquillisant et le neuroleptique. Il y a même une shooteuse avec sa notice. J´ai senti comme un caniche blanc et eczémateux venir se frotter sur ma jambe...

Le vertige de la représentation. Le mot pour la chose. La proie pour l´ombre. Le " Je dis Fleur ! " de Mallarmé et j´obtiens son emballage en carton. Bien sûr, je tiens l´oeuvre de Sylvie Réno pour conceptuelle. On peut être un artisan besogneux, un fabricateur aux attentions infinies, tout en méritant cette épithète aujourd´hui épuisée. Le tout est de mettre en balance deux ordres, l´un immatériel, l´autre patent. Deux systèmes de représentation. Le carton permet à Sylvie Réno de rendre un objet aussi immatériel qu´une image ou un mot. Je me suis souvenu aussi de la phrase de l´Apocalypse de Jean, si énigmatique, que Joël Kermarrec cite à propos de la raie de Chardin : " Au principe, le fantôme est le verbe de la forme ". Comment la mimésis peut devenir négative ? Comment elle confine à l´iconoclaste ? Drôle de renversement. Et toute cette réflexion a conscience d´être cousue de fil blanc.

Photo Jean-Christophe Lett

Sylvie Réno confectionne en petite main un double inoffensif à tout ce qui pèse et aggrave. Ses reproductions, duplications, copies, plus souvent rangées qu´installées - parce qu´ici, et particulièrement à Athanor, l´installation est plutôt parodiée - proposent des apparences désactivées. Quand, il y a quelques années, dans ses installations les plus monumentales, parce que plus c´est léger et creux et plus il faut que ça prenne de la place, elle confectionnait du matériel guerrier, c´était pour transformer des objets aussi intimidants en boursouflure. Tanks en carton comme il y a des tigres de papier. Quelques commentateurs ont parlé fort justement de ses rapports au pouvoir. La petite main et la pétroleuse ou la suffragette. Je n´écris petit que parce qu´il y a cette humilité du travail et du quotidien inscrite dans la quincaillerie de carton. Je ne tiens rien pour petit dans cette oeuvre et surtout pas la violence contenue, l´invective implicite adressée au machisme.

Photo Jean-Christophe Lett

Une autre pièce m´avait mis sur le même type de piste. Des pavillons de bateaux constituaient des messages pornographiques. L´ouvrage de dames ou de patience recèle une charge explosive. Je me souviens d´un ministre gaulliste particulièrement misogyne nommé Sanguinetti qui, à la question d´une féministe sur l´inégalité des sexes avait répondu une phrase de ce type : " Les femmes se défendent très bien avec les armes qui leur sont propres ". Il se démerdait pour les traiter encore de salopes. Il y a dans toute l´oeuvre de Sylvie Réno une ironie patiente et une colère canalisée. Elle ne tend pas des fleurs aux fusils. Elle démine. J´ai toujours eu confirmation de cette intuition par sa psychologie.

Photo Jean-Christophe Lett

Aujourd´hui, les objets d´un pouvoir auquel elle s´est si souvent pris sont devenus beaucoup moins présents. La combattante ne s´est pas lassée mais tout l´environnement dans lequel nous sommes plongés nous parle d´une décourageante inutilité. L´ennui n´est pas inoffensif. La superficialité n´est pas inoffensive. Ils rongent et épuisent. Sylvie Réno ne va pas drainer la neurasthénie ambiante ni le manque de perspective. Elle va les rejouer pour les indiquer. Ainsi la tautologie d´un couvercle en plastique noir, degré zéro de l´objet, copié en carton. L´objet n´a plus de niveau symbolique ni politique. La circulation entre lui et sa copie est un fonctionnement en panne. J´y ai vu un peu de désespoir. Le joli électrophone dans son coin salon m´a par contre indiqué que la pure virtuosité artisanale contenait un plaisir personnel. Et puis tous les cutters en carton m´ont rappelé qu´il s´agissait d´un métier dangereux et que même une panoplie de simili couteaux peut blesser le regard.



Frédéric Valabrègue


Du jeudi 18 octobre au samedi 24 novembre
Galerie Athanor


Sylvie Réno Galerie Athanor


SOMMAIRE

Jean-François Maurige --- L´atelier, la machine



Copyright Joel Yvon
L´atelier, la machine


Il y a une vingtaine d´années, j´ai eu la chance de tomber sur la reconstitution de l´atelier d´un de mes peintres préférés, Giorgio Morandi. Tout le dispositif aménagé dans son espace lui permettait de favoriser la diffusion d´une lumière constante. Il y avait là la même attente que chez le photographe ou le cinéaste. Les ventaux, caches et ouvertures canalisaient la lumière à son point de tremblement optimum. Morandi travaillait sur un type de lumière qui pulvérisait les objets. Surtout, il avait réussi à fixer un élément aussi volatil, mais en préservant sa fragilité.

A District, Jean-François Maurige reproduit les conditions de production de son propre atelier. Il nous montre, en même temps que ses oeuvres, " la machine " à laquelle il s´est adapté pour développer son travail : dans la salle du bas, les tableaux accrochés sont éclairés par une cloison blanche tirée entre deux colonnes. Dans celle du haut, une maquette reconstitue la situation de l´atelier en vis-à-vis d´une façade d´immeuble assurant une lumière mate et constante. Enfin, un film de Philippe Grandrieux tourné au début des années quatre-vingt dans ce même atelier complète un dispositif didactique complet dans le sens où il remet au spectateur toutes les clés d´une pratique.

Un tel exposé est là pour concentrer l´attention sur un certain nombre de définitions ou de contraintes qui ne légitiment rien. Ça n´est pas parce que la boîte à outils nous est fournie avec l´exposition que celle-ci s´en trouve validée. Il nous reste à regarder les tableaux et à chercher les accords ou les connivences qui nous font les aimer ou les rejeter. Jamais le dispositif ne s´interpose entre le spectateur et le tableau. Nous pouvons connaître le mode d´emploi et ne pas adhérer. Si je trouve, en tant qu´amoureux de cette peinture, que le dispositif est inventif, que lui-même est une proposition artistique, jamais celui-ci ne me dispense de prendre position devant un objet singulier et unique. Si nous avons droit ici à la matrice et même au tissu placentaire avec l´enfant, le salubre, en tout cas pour moi, est de regarder ce dernier libéré du cordon.

Alors que voyons-nous de ce que nous pourrions emporter ? Hé bien nous voyons la même machine dans sa plus petite unité : le tableau, que dans sa plus vaste : l´exposition. Jean-François Maurige pratique un art unitaire. Sa maquette nous le dit : il est constructeur, son art est architectonique. Le tableau est toujours en appel au mur. Son cadre induit un défilement. Il appelle un rapport entre la masse colorée et le format. Les peintures sur papier nous rappelle toute une réflexion liée au photographique et au cinématographique puisqu´ils partagent avec la peinture les mêmes questions liées à la distance, au fragment et à l´appel au hors champ. Ce qu´il y a d´avant-gardiste chez Maurige, c´est que les éléments fondamentaux de la peinture, qu´on cernerait aussi bien dans un tableau de Piet Mondrian de Barnett Newman ou de Martin Barré, sont ici réduits à leur plus simple expression, voire à leur ellipse.

Rouge vermillon, grenat ou pourpre, la couleur unique voyage dans la nuance, comme de période en période, le recouvrement peut se proposer en tant que masse, figure ou ornement. Les constantes sont établies pour piéger, surprendre, occasionner un événement. Il n´y a pas d´éloge de la rhétorique pour elle-même mais en tant qu´outil. Le délibéré est au service de ce qui échappe. Il n´y a pas deux périodes de Maurige qui soient semblables, au-delà des marques de fabriques ou de ce qui semblerait être de la peinture signature. Ainsi, dans l´exposition de District, nous notons l´emploi de formats verticaux qui déplacent le problème de la distance et de la place du spectateur. La ligne noire, frottée sur le sol, rappel de l´envers et de l´horizontale, tend à s´effacer.

Lors du vernissage à District, la projection du film de Philippe Grandrieux, cinéaste remarquable, a apporté à la peinture de Maurige la dimension corporelle et physique qui pourrait échapper au spectateur distrait. Le feuilletage incessant dans l´atelier, le transport au plus près du corps de ce qui passe du mur au sol et de l´envers à l´endroit, le tout accompagné par la parole lucide et inquiète d´un peintre retournant inlassablement ses tableaux pour en montrer le châssis, rimait avec le mouvement de balayage de la caméra et son système d´ouverture et d´oblitération.


Frédéric Valabrègue


Tableaux 2006-2007
Peintures sur papier 2003-2006
Maquette lumière réfléchie.
District.
20, rue saint Antoine
BP32361
13213 Marseille Cedex 02.


Jean-François Maurige --- L´atelier, la machine


SOMMAIRE

Marseille artiste associés



La première édition de l´événement "Marseille artistes associés" s´étend dans la ville, de la Vieille Charité, où le CIRVA investit la chapelle de Puget, au MAC, où une trentaine d´associations sont invitées, en passant par le Musée Cantini, le Musée d´histoire et les Ateliers d´artistes du Bd Boisson. Nous rendons compte dans ces colonnes de cette manifestation au hasard des caprices ou des raisons des différents rédacteurs, critiques ou historiens d´art, poètes, artistes, professionnels ou sans profession, tous volontaires et décidés à exprimer leur opinion. Et comme ces expositions durent jusqu´en mars 2008 nous poursuivrons cet effort dans les prochains numéros.

Au MAC une trentaine de galeries plus ou moins associatives présentent les artistes qu´elles soutiennent, qui sont souvent des membres de l´association, ou quelquefois quelques vedettes internationales de l´art contemporain qui sont venues s´aventurer là sans doute dans l´idée de rendre service.

Il n´est pas surprenant que plusieurs artistes soient présents sur différents "stands", s´ils ont fait , durant leur carrière, le tour des galeries et des associations et se soient donc liés avec les uns et les autres, de façon indéfectible.
Si l´ensemble donne fatalement, avec plus de 80 artistes, cette impression d´éclectisme cher à Potamon d´Alexandrie, on note que les changements d´échelle sont très à la mode avec par exemple l´oeuvre récente (2007) de Guillaume Poulain "Néons" à la galerie Buy-Self : deux gros tubes en tissu plastique très volumineux.

La librairie-galerie Histoire de l´oeil a délégué ses pouvoirs à l´un de ses membres et l´a nommé commissaire d´expo afin qu´il invite Nicolas Guiot pour la durée de cette manifestation.
Celui-ci a installé sa pièce débordante dans l´espace nécessairement restreint imparti à la galerie. Indépendamment de toute interprétation adventice l´oeuvre interpelle l´architecture du lieu et signale son inadaptation, en particulier à cause de la hauteur des plafonds, son inaptitude à sa fonction muséale dès lors qu´il ne s´agit plus de mettre en valeur des tableaux de chevalet, fussent-ils de grande dimension, mais des oeuvres contemporaines qui se déploient dans au moins trois dimensions.
L´oeuvre massive et débordante fonctionne comme l´envers d´une grotte, au contraire d´une masse creusée par le temps, c´est elle qui comme un trépan creuse l´espace et suggère qu´elle pourrait ne pas stopper son expansion.
Mais on peut aussi risquer la métaphore et y voir une allégorie de l´art toujours avide d´expansion et toujours freiné par une société qui au mieux le tolère, avant peut-être de le tolérer de mieux en mieux si l´on est militant et optimiste.

Photo : Camille Videcoq

Chez RLBQ, Mariusz Grygielewicz suscite le doute cher aux philosophes avec son oeuvre "Entraînement". L´artiste s´est fait prendre en photo, on se prend à espérer qu´il ne s´est pas photographié lui-même, pendant qu´il fait des pompes, mais sa musculature de fer lui permet de tenir, pas seulement sur sa seule main gauche, l´autre bras étant plaqué le long du tronc, mais sur un seul doigt. La pièce échappe à l´impression d´un simple trucage, qui de toute façon n´aurait pas amoindri le concept, par ce doigt si fort qui pointe la question ou qui la vrille dans le sol et semble indiquer que c´est sur elle que repose tout le corps du projet.

Photo : Florent Joilot --- 'L'apothéose des fraises sauvages' Paul-Armand Gette

A la galerie Porte-Avion, l´insubmersible galerie, "L´apothéose des fraises sauvages (Hommage à une nymphe)" 2007 de Paul-Armand Gette, d´un érotisme léger, poétique, un brin esthétisant rassurerait Flaubert "Ces cons rasés font un drôle d´effet". Mais tout à côté la vulgarité est aussi de mise dans le prolongement de l´incongru, de l´intempestif cher aux zutistes et autres fumistes d´avant Dada. Si certaines galeries, certaines associations, certains groupes d´artistes ont préféré présenter un historique de leurs artistes favoris, d´autres ont choisi de confier leur espace à l´un d´entre eux afin qu´il l´occupe comme un atelier. C´est ainsi que le régulier Noël Ravaud traverse tous les jours la ville pour aller au turbin.

Sylvie Réno est un peu partout avec des pièces qu´on a le bonheur de revoir comme son bureau en carton avec ses copeaux qui jonchent le sol alentour.

Un cas particulier : Red District qui a tendu des rideaux dans le couloir d´accès aux galeries postérieures, tout à fait postérieures, afin de diminuer la luminosité de son lieu et d´assurer la projection de ses vidéos dans des conditions optimales de visibilité.

...

A la galerie du tableau, la galerie de chaque semaine, Frédéric Clavère a trouvé un type avec qui revisiter le goulag " Malabar revisite le goulag" rouge-oranger fluo, en prenant ses distances.

...

"La Poissonnerie" et la "Tangente", les deux associations les moins bien loties en espace présentent : Armelle Kerouas," Il avait peur de tout et des femmes en particulier" un texte brodé sur du papier, la chaussure à talon haut placée sous la maxime comme une signature féministe a aussi un aspect fétichiste et pourrait tenir lieu d´explication.

...

Jean-Christophe Tarot: une installation " Chose+ i truc" (bananes, salière, trompette, etc). Des objets qu´il faut bouger pour s´apercevoir qu´ils retrouveront leur centre de gravité dans des positions pourtant à première vue improbables. Il doit y avoir de la mathématique là-dedans.


Jean-François Meyer


[m.a.c]
jusqu´au 30 mars 2008


Marseille artiste associés


SOMMAIRE

Marseille artiste associés



Les petits plats dans les grands. C´est ainsi que Marseille artistes associés, manifestation d´envergure avait vocation à stygmatiser toute une production "locale" depuis une trentaine d´années. Un pari innovant, puisqu´inédit, et une belle prouesse organisationnelle, quand l´on sait les difficultés auxquelles s´est confronté le directeur du musée. Une exposition en forme de bilan réunissant quelque dix-huit structures indépendantes, leurs "poulains" et surtout, surtout, quelques centaines d´oeuvres montrant la diversité foisonnante de cette période, occupant tout l´espace du Musée Contemporain pour dire la belle vitalité des artistes associés à l´image d´une ville qui se verrait bien dans les habits de capitale culturelle...

La gageure consistant à donner carte blanche à chacune des structures pour effectuer son propre commissariat, sans moyens ou presque, le résultat laissait la part libre aux artistes et à leur désir d´occuper tant bien que mal l´espace disgracieux et inadapté du MAC. D´autant que ceux-ci n´avaient eu que quelques semaines pour imaginer un projet, les principaux bailleurs de la manifestation ayant tardé à voter leurs crédits. Il reste donc une exposition qui se livre comme un digest, un parcours effleurant la réalité qui la sous-tend au profit de tentatives de spectacularisation inhérentes à ce type d´espace, qui les engendre forcément.


Akenaton

Loin d´en dresser un reflet exhaustif, soulignons ça et là de beaux "morceaux", comme la très envahissante pièce de Pistoletto, dans la première salle, le sol vinyle de Jim Lambie, parfaitement all-over, ou encore l´installation de Francesco Finizio proposée par RLBQ. Certaines structures, préférant sans doute l´auto-célébration à un véritable travail d´exposition, ont utilisé leurs espaces pour leur promotion -voir l´indigente proposition de Red District-. D´autres ont préféré un accrochage classique, panorama d´un travail effectué sur quelques décennies comme la galerie Athanor, qui montrait un ensemble cohérent de ses artistes. La Galerie Meyer présentait, entre Marina Mars et du mobilier de Colas Bailleuil, une belle pièce d´Akénaton, et une curiosité : une oeuvre ancienne de Patrick Michault, artiste qui hélas a depuis renoncé à une pratique artistique remarquée dans les années 9O.

Michault

Certaines enfin, donnaient à voir "fidèlement" la ligne de leurs espaces respectifs, au travers d´oeuvres représentatives, certes, mais un peu décevantes par l´effet d´échantillonnage. Ainsi la galerie du Tableau, avait reproduit son micro-espace dans lequel évoluaient ses artistes fétiches, Thierry Thoubert entre autres, un rien provoc.

François Leault 'Froïd'

Quelques unes cependant, ont joué le jeu de l´événement, comme la galerie Où qui laissé carte blanche à François Lejault pour son installation "Froïd". Pari à moitié réussi dans ce cas précis, l´oeuvre se prêtant mal à l´espace mesquin qui lui était imparti, et à son manque de lisibilité. La galerie Porte Avion a misé sur un accrochage-concept, avec une belle pièce polyphonique de Paul-Armand Gette qu´entourent des oeuvres d´Alain Andrade, Laurence Denimal ou Laurent Le Forban, et une discrète intervention "parasite" de Gloria Mundi. De même, de belles propositions du Bureau des Compétences et Désirs ou de la galerie HO, la cabane fun de Lagesse et complices, rythment la manifestation. Certaines structures enfin ont joué "prestige", présentant des pièces d´artistes reconnus internationalement, un peu hors-sujet donc. Bref tout un arsenal de stratégies différenciées qui, au final, livrent un éventail assez vivant de la scène locale, avec quelques belles oeuvres en contrepoint.

Certes, on évoquera le côté funéraire du principe de bilan, le choix de fourre-tout "historique" faisant vite vide-grenier ou commémoration documentée. On objectera l´amateurisme de la scénographie, notamment les éclairages ou les cartels, qui dénotent une pénurie manifeste de moyens, et une précipitation évidente. On se montrera surpris également de l´absence de pot d´honneur lors du vernissage. Bref, on pourrait pérorer à l´envi sur les manques, la justification, ou la pertinence d´un tel événement, et sur la place qu´il occupera dans l´histoire locale, en regard des grandes expositions que furent Poésure & Peintrie ou La Planète Affolée, initiées certes en des temps où la culture et les arts étaient une priorité pour les édiles locaux, qui ne lésinaient pas alors sur les moyens accordés à la création.

Ne boudons pas notre plaisir cependant. Une manifestation d´une telle ampleur reste rare et à ce titre, même si elle aurait mérité plus de préparation et un véritable concept pour articuler les diversités qu´elle présente, vaut que l´on s´y attarde et en apprécie le beau foisonnement.


Marc Roudier


[m.a.c]
jusqu´au 30 mars 2008
Fermé le lundi. MAC, avenue d´Haifa, 13009 Marseille.


Marseille artiste associés


SOMMAIRE

[m.a.c] --- Galerie Art-cade 'Paysages'



Photo Anais Caruena

«Paysages» Cécile Beau

Amour 1, et Pelouse, deux pièces récentes de Rapha-ëlle Paupert-Borne. Deux images glacées extraites de vieux magazines, photographies aux couleurs vives, intérieur et jardin, altérées à grands coups de pinceaux, goudronnées plus précisément. Une maison, qui pourrait être une villa américaine des années 50-60, sert de décor au geste, intrusif, qui en est le sujet. Le geste de goudronner venant transgresser le décor publicitaire de magazine de décoration. Le tout photographié, agrandi de façon à ce qu´apparaisse le grain de l´impression journal et la matière du goudron, puis marouflé de façon à redonner un côté glacé final.
Un intérieur rose, une chambre de jeune fille, ou de couple, habitée par une forme noirâtre, ou plutôt deux formes. Deux silhouettes de goudron, l´une debout, l´autre assise sur une des chaises du décor, semblent échanger une caresse, une étreinte, une gifle, une fellation, difficile à dire. En tout cas, elles s´approprient cet espace (publicitaire) pour y partager une intimité.
Une façade de maison avec sa pelouse. On pourrait se croire dans une zone pavillonnaire ultra-sécurisée des Etats-unis, s´attendant à voir débarquer un adolescent livreur de journaux à vélo. A la place, des grandes formes peintes au goudron viennent entacher le paysage, comme des arbres jetés, rajoutés au décor à la va-vite.
Quels sont ces deux paysages qui se superposent ?


Photo Anais Caruena

un paysage intérieur sur un paysage extérieur - un paysage privé sur un paysage public - un paysage vivant sur un paysage mort - un paysage sexuel sur un paysage aseptisé - un paysage pittoresque sur un paysage sans identité - un paysage de précarité sur un paysage de richesse - un paysage détournant un autre paysage de sa fonction initiale - un paysage unique sur un paysage reproductible - un paysage gestuel sur un paysage imprimé - un paysage humain sur un paysage machine - un paysage mouvant sur un paysage inamovible - un paysage fragile sur un paysage hégémonique - un paysage jaillissant sur un paysage contrôlé - un paysage présent sur un paysage passé -


Anaïs Caruana


[m.a.c]
jusqu´au 9 décembre 2007
Fermé le lundi. MAC, avenue d´Haifa, 13009 Marseille.


[m.a.c] --- Galerie Art-cade 'Paysages'

SOMMAIRE

[m.a.c] --- Galerie Art-cade 'Paysages' Raphaëlle Paupert-Borne


Photo Anais Caruena


«Paysages» Raphaëlle Paupert-Borne

Série ´Xiezhen´ constituée de photomontages, imprimés sur des kakémonos, réalisée entre 2005 et 2007.
Cécile Beau a été impressionnée par la peinture asiatique. L´absence de perspective, les jeux d´opacité, la construction en escalier, les échelles de grandeur faussées... un rapport à la représentation différent des occidentaux. Elle a cherché à transposer le trouble ressenti face à cette peinture dans la photographie. Elle fait une sélection de toiles datant du 14ème siècle, qui lui servent de base, de modèle, puis elle remplace chaque élément peint par un élément extrait de ses photographies (ensemble de photos de paysages constitué à travers différents voyages). Ces fragments photographiques sont découpés, isolés de leur image d´origine pour être assemblés de façon à recréer un ensemble cohérent (20 à 50 images différentes dans un montage).
Ces nouveaux paysages, fabriqués à l´aide du numérique, rappellent des décors de films fantastiques, un aspect proche de la 3D, ou de l´animation peut-être. Comme s´ils étaient des documents constitués autour d´un univers étrange, qui emprunterait à notre nature, mais qui serait une toute autre planète. Un condensé de pittoresque qui devient, plus qu´exotique, merveilleux. Les rochers des calanques de Marseille, un lac sombre des Pyrennées, un dolmen breton, les pins des Landes, un cabanon, des falaises, une prairie à l´herbe très verte, des montagnes, la brume, les calanques transformées en baie d´Halong.
L´étrangeté de la proposition aussi, qui part d´un paysage peint pour aboutir à la photographie, mais un usage de la photographie conformé à celui de la peinture, une composition par touches qui calque les motifs du paysage. Une photographie d´où transparaît la peinture d´origine. Les fragments photographiques réagencés, devenus motifs, par la disproportion des échelles (un élément aussi gros au premier plan qu´un autre au dernier plan), leur netteté, leurs éclairages factices, entraînent une sensation de déséquilibre, de vertige, d´incohérence visuelle...
Un réel mis à mal par le travail de décomposition/recomposition numérique, avec le prétexte de la peinture chinoise.



Anaïs Caruana


[m.a.c]
jusqu´au 9 décembre 2007
Fermé le lundi. MAC, avenue d´Haifa, 13009 Marseille.


[m.a.c] --- Galerie Art-cade 'Paysages'


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Anne-Valérie GASC Galerie du Tableau



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LE Q.G ne répond plus


La guerre est interdite. Elle est opérationnelle. Opération de choix, elle ne s´effectue que par choix. Ceux qui travaillent à la guerre s´entourent de dispositifs opérationnels en général secrets ; une théologie de construction des armes de guerre nimbe les préparatifs mécaniques de l´organisation de celle-ci. Anne-Valérie Gasc, à la suite de Zorrio et de Mario Merz, s´empare à son tour de cette propédeutique : pour invalider l´idée de paix éternelle, il faut préparer la guerre. Se font rares les artistes qui montrent les préparatifs, décrivent ou singent de décrire les essais dans le désert du Nevada des premières bombes souterraines, l´envoi de satellites ou de sondes à des années-lumière ou s´activent autour de protocoles fantaisistes ou détournés d´élaborations d´armes dites " sourdes " : bombes à neutrons, invention de gaz toxiques indétectables.
Suite au coup de gong qui a ébranlé le monde de la représentation : la guerre au coeur de la citadelle, les tours du Commerce international s´effondrant torches vivantes, vendanges terribles de la terreur retournée, comme intégrée, Anne-Valérie Gasc, à l´instar d´autres jeunes artistes, énonce par un travail rigoureux, la prise en compte des guerres légendées. Elle produit un assimil : plans, cartes, maquettes, scénarios où les armes de destruction sont esquissées, construites puis testées.
La vidéo montrée à la galerie du Tableau représente un atelier où se fabrique une bombe plus grosse qu´une roquette. Haute précision, lenteur augmentée par la quasi-fixité du plan et le peu de mouvement interne. Nous sommes au coeur du secret, au coeur du silence. Féodalité du mystère, abstraction des gestes, une bombe se construit comme un réfrigérateur.
Dans le petit livre publié par Images en manoeuvre B B B, plusieurs chapitres de Bomb Bunker Buster avec deux textes de Guillaume Mansart et Ludovic Bablon, le compte à rebours est lancé. Une joie enfantine à prendre avec le plus grand sérieux, le jubilé des explosions. La narcose de la destruction. Flammes, éclats, pulvérisation. Arriver à mémoriser, répertorier, éjecter. Feu !


Emmanuel Loi


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Anne-Valérie GASC Galerie du Tableau


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Présence singulière -- A la Galerie de la Vieille Charité



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Du 26 octobre 2007 au 30 mars 2008


L´exposition Présence singulière proposée par le Frac impose un temps d´arrêt dans le parcours de l´événement Marseille Artistes associés. Son contenu exige une disponibilité et une curiosité, afin de mieux connaître l´état de présence figuré. Dans ce lieu, plusieurs petits îlots sont aménagés avec un concept design; une vitrine promotionnelle qui met de l´avant les affinités électives du Frac.

Le dispositif ludique mis en forme, nous fait circuler à travers une partie des oeuvres de sa collection, à l´image de La maison du collectionneur de Bartolani & Caillol (1992), une structure flottante prête à prendre le large. Des vidéos, des documents sonores, des éditions, des programmes radiophoniques mettent en exergue des témoignages et des documents relatifs à des interventions d´artistes dans Marseille et dans la région, comme le colifichet une publication relatant le déroulement d´un workshop donné par Erwin Wurm à Aix-en-Provence en 2002.

L´espace interactif d´exposition est ici conçu comme un lieu de savoir, un livre ouvert sur les activités de diffusion du Frac. Le commissaire a choisi de mettre en valeur les actions performatives. Une section est consacrée à la médiation et à la sensibilisation des publics avec ces oeuvres. Dans cette partie est présentée la vidéo de Patrick Van Caeckenbergh, le Dais. Un grand tissu de 80 mètres de long s´intégrant à une procession dans le quartier du Panier et faisant partie d´une exposition dans les locaux du Frac, en 2003. Le Dais évoque le ciel par sa couleur bleue, son sous-titre est le Ciel à la portée de tous. A Marseille où le bleu du ciel est si particulier, ce geste processural devient par mimétisme une figure d´élévation.

D´autres vidéos retracent des projets menés en collaboration avec l´association Art´ccessible dont l´Âne bleu de Stephen Wilks (2003). Cet âne en tissus, grandeur nature est doté d´une poche ventrale destinée à recueillir des dessins, des photographies ou d´autres contributions des spectateurs. Il est accueilli dans des écoles et crée du lien social au travers de rencontres organisées ou improvisées. Cet échange contribue à une réflexion sur le quotidien et l´entourage familial. Dans ce projet relationnel, l´âne joue le rôle d´objet rassurant, de doudou qui réconforte une société infantilisée.
D´autres oeuvres tentent de questionner le statut singulier de l´objet d´art, telle que Chapeau-Vie (1994) de Marie-Ange Guilleminot. Trois exemplaires du Chapeau-Vie sont exposés et mis à la disposition du public. Une vidéo montre les actions de l´artiste avec ce pull-over, robe masque ou couvre-chef ; un objet multiforme qui s´adapte au corps de l´artiste. Elle exhibe sur la place publique et dans les Musées les multiples possibilités d´adaptation de ce vêtement hybride. Synonyme d´identité, le vêtement est mobile, changeant, déclinant les personnalités que l´on adopte face aux situations, pour apparaître et se présenter.

Le commissaire et directeur du Frac, Pascal Neveux a conçu une approche soucieuse de montrer l´esprit de recherche et d´engagement du Frac. Présence singulière selon lui " s´entend donc comme une invitation à repenser les marges, à reconsidérer les limites, les frontières, qu´elles soient esthétiques, géographiques ou politiques ".

Le rapport entre l´art et l´institution demeure pourtant épineux. Le Frac obtient des financements publics importants pour acquérir des oeuvres et pour l´ensemble de ses activités de diffusion. Comme le souligne Anne Coquelin, l´oeuvre qui entre dans une institution perd sa valeur d´innovation. Sa reconnaissance est paradoxale.

Les artistes faisant partie de cette collection ont une visibilité qui dépasse les frontières régionales. Est-ce grâce à la crédibilité conférée à leur travail par un achat du Frac ? Est-ce que l´artiste est reconnu une fois qu´il a été acheté par une institution ou bien parce qu´il est reconnu, il est achetée par une institution ? Qui arrive en amont ? Qui arrive en aval ? Est-ce mieux d´être dehors ou à l´intérieur de l´institution, comme le souligne l´installation mobile de Marc Boucherot, Tout va bien (2001). Celle-ci prend place de façon assez inusitée devant l´entrée Musée de la Vielle Charité. (Tous les samedi pendant l´événement). Un triporteur musical aménagé en base mobile sert de lieu d´accueil. Là, on nous offre à boire et à manger. De manière ironique, le dispositif devient un secours populaire sympathique, une métaphore de l´art et de la condition de l´artiste vivant d´une économie parallèle et de ses ressources essentielles. L´important n´est-il pas de questionner le rôle de l´art aujourd´hui et la polarité de sa valeur d´échange.

Marseille artistes associés réunit différents type d´organismes diffuseurs tel que des Musées, des associations et le Frac. C´est un chaînon diffusionnel qui a du poids. Comme le souligne Pascal Neveux, une collection comme le Fonds Régional d´Art Contemporain " est avant tout l´histoire d´un point de vue singulier ", un point de vue précis d´ou peut découler, parfois, un manque de diversités formelles.


Madeleine Doré


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Présence singulière -- A la Galerie de la Vieille Charité


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CIRVA La Vieille charité Chapelle de Puget



Photo Alexandre Roche


Ceux qui ont eu la chance de visiter, il y a quinze ans déjà, l´exposition Gaetano Pesce organisée par les musées de Marseille et le CIRVA ont gardé en mémoire la scénographie qui avait transformé les lieux en caverne aux trésors et l´incroyable richesse inventive de ces quelques 146 pièces de verre, pour lesquelles les ingénieurs avaient suivi les indications de l´artiste en mettant au point pas moins de cinq techniques nouvelles aux noms très marseillais de Mistral, Vieux port, Pastis, Joliette et Plage qui sonnaient comme un hommage aux génies du lieu. Qui ne se souvient aussi de l´Ange Rouge de Marseille de James Lee Byars ou de La Torre de Sonido de Javier Pérez ? Depuis que le CIRVA et la chapelle rhomboïde ont croisé leurs destins, les courbes de Puget imitent celles des souffleurs et l´architecture de verre des invités celles de la pierre nue et comme renflée par un diable verrier. L´exposition présente est sans doute moins spectaculaire que celles-là mais elle réalise le même accord entre les productions contemporaines et leur reliquaire baroque. Avant même d´entrer, les cloches de Javier Pérez, Tempo fugit, 2002-2004, font entendre une sorte d´invitation. Nous ne sommes pas à la messe, encore moins à des funérailles, et Javier Pérez ne sonne pas le glas mais bat quand même le rappel de ceux qui avaient aimé ses 21 sphères en verre soufflé de 1998 où l´on aurait dit qu´un pied s´était imprimé en marchant sur des oeufs de verre soufflé ou ses échelles de verre réalisées en 1999. L´artiste se souvenait, dans le catalogue, de la maison familiale au-dessus du commerce de lustres en verre que tenaient ses tantes : " Le plafond du magasin était complètement couvert de lustres de toutes sortes séparés par quelques millimètres à peine " et de " l´étrange sensation de légèreté " qu´il ressentait la nuit à marcher sur " les craquements du bois trop sec mêlés aux petits sons du verre lorsque les lustres prenaient vie sous (ses) pieds à chacun de (ses) pas. "
Au sol, sous la voûte ovoïde, Hreinn Fridfinnsson (Sans titre, 2002) a disposé un tapis miroir sur lequel des demi vasques de verre achèvent de recomposer leur unité en même temps que les deux coquilles de la chapelle, refermées comme une huître. Dans l´axe de la nef, Giuseppe Caccavale a déposé sur une table son offrande de corail, son Corallo, de 2003 - 2005, lui qui depuis 1986 réalise des pièces énigmatiques et raffinées pour le CIRVA. Dans les chapelles latérales Le cortège endormi de conte de fée de Othoniel (2002 - 2003) rappelle le palanquin de verres colorés oublié sur la place Colette et le portant de kimono de M.A. Guillemin (2004 - 2007) et ses ribambelles multicolores les constructions du rêve. Oui, une " étrange sensation de légèreté " vous gagnerait si Bill Woodrow ne vous indiquait dans une autre chapelle que le verre peut aussi contenir des reliques, et si Bob Wilson et ses sortes d´urnes ne donnait un tour funéraire à son Concept noir et blanc Mais l´exposition n´aurait pas laissé une impression aussi profonde sans l´espèce d´autel païen d´Izhar Patkin (si bien nommé The Messiah) : empilement terminal de tête de veau et d´alambics qui évoquaient irrésistiblement à l´entrée de la chapelle, un lumineux jeu de massacre.


Xavier Girard


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CIRVA La Vieille charité Chapelle de Puget


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Max Charvolen : Le Trésor des Marseillais



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Le Trésor des Marseillais


Dans le cadre de Marseille Artistes Associés 1977-2007 et à l´occasion de la commémoration du XXVI° centenaire de la fondation de Marseille, le Musée d´Histoire a invité le plasticien Max Charvolen à intervenir dans ses locaux.

L´artiste y présente le Trésor des Marseillais. Il s´agit d´une oeuvre faisant référence au trésor des Massaliotes. Les puissantes cités de l´époque construisaient de petits bâtiments en forme de temple dans lesquels étaient déposé des objets précieux, dédiés aux dieux. Bâti en 540 avant J.C., dans le sanctuaire de Delphes, le trésor des Marseillais était une chapelle de style ionique en marbre blanc dont une partie subsiste encore.

Max Charvolen s´y est rendu afin de mouler, en superposant plusieurs strates de toiles, des éléments représentatifs des ruines de ce temple. Les tissus sont collés puis peints à même le bâtiment. L´artiste signale grâce à la couleur, la topographie du modèle, le haut, le bas, la droite, la gauche, l´avant, l´arrière selon un barème de couleurs inspiré de l´architecture. Lorsque la toile est sèche, épaisse, solidifiée, l´artiste l´arrache de son modèle et la met à plat.

Il expose ces superpositions de toiles enduites d´acrylique dans la première salle Musée d´Histoire. Créé à la suite de fouilles archéologiques, le Musée d´Histoire de Marseille donne sur le jardin des Vestiges où furent découverts des remparts grecs, une nécropole, des puits, et les aménagements portuaires où débarquèrent les premiers Phocéens. Charvolen propose un aller-retour entre ces deux sites mythologiques. Plus précisément, il s´agit du trajet inverse entrepris par les massaliotes. L´empreinte des ruines du trésor retourne à son lieu d´origine.

Ces carapaces de toile évidées sont présentées à même le sol du musée dont la moquette a été arrachée pour la circonstance, comme pour préciser cette échange de peaux entre deux lieux frères.

Le processus de création de Max Charvolen ne s´apparente pas exactement au moulage puisque le but de sa démarche n´est pas de garder un volume en l´état mais plutôt celui de mettre à plat un recouvrement, de déployer une réalité tridimensionnelle par une représentation bidimensionnelle. Chavrolen s´intéresse aux aspects formels de la peinture. La toile, son format, sa forme, son aspect, son épaisseur et sa coloration sont ses préoccupations essentielles. Issu de l´école de Nice, l´artiste a participé au collectif INterVENTION et co-fondé le groupe 70 proche de Support-Surface. Il reste fidèle à ses premiers engagements tout en construisant son travail dans un rapport aux lieux. Ce travail de réduction et d´extension des volumes en deux dimensions, démontre une passion pour la surface, jamais démentie.

Le visuel prédomine, il s´agit de donner à voir, en déployant les éléments formels de la représentation classique. L´art de Charvolen traite de la représentation frontale. La surface déterminée par les dimensions de l´objet est présentée tout d´un bloc. Une des raisons d´être de la mise à plat étant de donner à voir ce que la tri-dimensionnalité du modèle cachait. Comme dans la tradition de la perspective albertienne, la mise à plat des volumes vise a restituer l´objet dans une vérité formelle.

Le tour de force de Max Charvolen est d´utiliser les acquis formels de l´abstraction, afin de renforcer des idéaux propres à la représentation classique. De même, il se sert des apports du postmodernisme; la réutilisation, les références à l´art du passé, la délocalisation pour mieux servir des idéaux modernes comme la déconstruction et l´analyse formelle. En bref, Il utilise des systèmes contemporains pour valider une approche classique.

Le passage à l´unidimensionnalité produit par la mise à plat des éléments ne réduit pas la représentation de la figure, au contraire, la vérité de l´objet ressort. La polychromie par exemple, permet d´identifier les trois dimensions, les points forts et les articulations de l´unité architecturale.

Max Charvolen possède une double formation de peintre et d´architecte. Sa démarche créative s´effectue par un dialogue constant entre les arts plastiques et l´architecture. Cet échange est par ailleurs enrichi avec la collaboration d´informaticiens. Sur sa demande, Loïc Pottier, mathématicien à l´Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), a mis au point un logiciel, à l´aide d´algorithmes, qui permet de déterminer la totalité des mises à plat possibles à partir d´un volume arraché. A partir du travail exécuté sur le site de Delphes, 2 600 mises à plat numériques différentes ont été tirées, en référence au 2600 ans de Marseille, possédant toutes une rigueur du développement formel.

Son travail est fait pour les galeries ou pour les musées. C´est un in situ délocalisé, confectionné pour le cube blanc. Cette installation laisse transparaître une forte envie de peinture. Du trésor des Massaliotes, de cette histoire proche des légendes fondatrices marseillaises, il ne reste que l´empreinte d´une partie de ruines, une enveloppe apparente, extérieure, une peau. Etrangement, le mot peau signifie également aveugle en hébreu parce que la peau recouvre. Ici il s´agit d´arracher cette "peau", dans un corps à corps entre l´artiste et le lieu. Il s´agit de muer, pour cela il faut du temps. Plus de temps pourrait être accordé au processus. La dégradation du recouvrement n´est peut-être pas assez exploitée, la toile pourrait devenir elle aussi une ruine.

Nous pouvons regretter que pour l´anniversaire de la fondation de Marseille, la ville n´ait pas pris le risque de commander une oeuvre résolument contemporaine qui questionnerait par le sens les transformations de nos rapports au monde, plutôt que de choisir une oeuvre célébrant la Forme.

Ce choix est à l´image de l´ensemble de l´événement Marseille et artistes associés. Une célébration culturelle en miroir, qui est tout en approbation d´acquis, tant Marseille est prise dans le tourbillon de l´autosatisfaction qui l´emmènera, espère-t-elle à être capitale européenne 2008.


Francoise Rod


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Max Charvolen : Le Trésor des Marseillais


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Marseille Artiste Associés à travers la ville



Marina Mars 'Péché originel' et 'Après la pomme'


Au Musée Cantini, Michel Enrici à effectué une sélection parmi des artistes qui sont passés par l´école des beaux-arts de Marseille (dont il fut le directeur) comme élèves et/ou enseignants (certains l´étant toujours). Si les disparus sont " simplement " exposés, il a été demandé aux vivants de choisir une oeuvre de la collection en écho à leur travail. Certains ont poussé la confrontation vers la fusion, tels Michèle Sylvander entremêlant une photo de Lewis Carol, une de Man Ray, un dessin de Picabia à ses propres photos ; Saverio Lucariello qui, dans sa sculpture Venus chatouillée, intègre la sculpture (du 19e) Daphnée changée en laurier de Claude Vignon, au dessus de laquelle flottent, en tournant sur elle même, une masse de poils. L´effet est saisissant ; saisissant et perturbant. Perturbante, la pièce de Richard Baquié présentée à proximité l´est elle aussi... Hélas, non pour ses qualités propres, mais par les questions que soulève sa monstration. En effet, comme une autre de ses pièces présentée à la Vieille Charité, celle-ci ne fonctionne pas ! Que peut bien signifier présenter un travail en panne ?
En panne d´idée, pour une grande exposition en lien avec Marseille (comme l´était celle autrefois consacrée à Baquié), le MAC ? Dans ses salles : la plupart des structures (associatives) qui rendent visible l´art contemporain à Marseille. Chacun y va de son stand. On se croirait dans une foire. Il y en a pour tous les goûts. Certaines structures ont choisi de ne présenter qu´une documentation bilan ; pour le visiteur c´est assez frustrant et peu intéressant sur des murs d´expositions. Certaines galeries ont choisi la forme d´expo monographique permettant ainsi à un artiste de présenter une pièce " calibrée musée ". C´est la cas de Nicolas Guiot dont la pièce monumentale perturbe habilement l´architecture de l´espace attribué à la Galerie H.O. D´autres ont choisi la forme d´expositions collectives, mais un des problèmes de l´exposition collective et que parfois en voulant présenter trop d´artistes, chacun n´ayant qu´une oeuvre exposée, on a du mal à rentrer dans les travaux. En présentant plusieurs travaux d´un choix plus restreint d´artistes, certaines galeries me semblent avoir fait le choix le plus judicieux en matière de présentation : 4 paysages chinois reconstitués en photo montage numérique par Cécile Beau chez Art-Cade ; un ensemble de petites pièces murales de Toni Grand chez Athanor ; la forte présence des squelettes d´une mère et de son enfant par Marina Mars, pièce contextualisée dans son travail par l´ensemble d´oeuvres qu´elle présente à la Galerie Jean-François Meyer. Et puis smp décide de jouer autrement, la galerie devient artiste en réactivant La collection anonyme qui avait été présentée lors de son ouverture en 1994. Le principe de cette collection était de passer commande à des artistes d´une oeuvre s´écartant de leur production couramment identifiée (ce peut être un travail réalisé par l´artiste lui-même, mais aussi le travail d´un tiers ou une " trouvaille "). On obtient ainsi un magnifique ensemble d´objets et d´images à la provenance et au statut troubles (entre autre une balayette-godemichet du plus bel effet).




Tableaux 2006-2007


Marseille Artiste Associés à travers la ville

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CAHIER DETACHABLE
Poésie Marseille 2007 -- 4ème !





FESTIVALS DE POESIE ET DE PERFORMANCES



Poésie Marseille 2007 -- 4ème !

Quelques moments magiques, rares qui t´asphyxient dans un nuage clair d´émotion lourde. Il y a eu un public sans respiration, un ensemble de personnes assises qui suffoquent sans chercher à remplir leurs poumons.
Le silence est de ce côté, la parole : un dire prononcé venant d´un écrit bien articulé est de leur côté...



Photos du festival : Daphné Boussion

Par exemple au Musée Grobet-Labadie avec Édith Azam et Christian Prigent


Photos du festival : Daphné Boussion

Par exemple à la librairie Histoire de l´oeil avec entre autres Henri Deluy , et Eduard Escoffet venu de Barcelone nous apporter la geste et les mots catalans et cette légèreté subtile, humble, amicale et généreuse.


Photos du festival : Daphné Boussion

Et comment oublier les avatars de Vénus à la galerie Jean-François Meyer avec Jean-Jacques Lebel un essai selon un morphing inoubliable qui rassemble toutes les Vénus de toutes les époques, de l´aurignacien au contemporain et de toutes les cultures des plus anciennes au plus modernes, des plus lointaines au plus proches, une métamorphose ininterrompue et infinie. Le spectateur est bloqué par la mobilité incessante de l´image qui est une somme d´images, elle ou lui, regarde le passage de l´une à l´autre, elle ou lui, attend le passage de la costumée à la nue, elle ou lui, de l´africaine à l´européenne, elle ou lui, de la célèbre à l´inconnue ; moi, d´un con à l´autre... 2000 éléments !
L´histoire de l´art et l´histoire de la vie en 40 minutes selon 12 séquences.
Une oeuvre majeure de Jean-Jacques.


Photos du festival : Daphné Boussion

"Dimanche soir à la friche" au restaurant Les Grandes Tables.
Ce serait le titre d´une comédie musicale avec leçon de poésie contemporaine de Michel Giroud et hommage à Emmett Williams et à Brion Gysin : fantastique interprétation, réincarnation du célèbre I am that I am de Brion !


Photos du festival : Daphné Boussion

Chorégraphie sur bassines multicolores de plastique par Antoine Simon en robe de cérémonie.


Photos du festival : Daphné Boussion

Et duo de Joël Hubaut dans un beau texte minimal d´une belle voix sur le mépris d´une certaine poésie (qu´il faudra bien achever) et le grand désir d´accomplir un tout petit rêve...
Avec accélération et augmentation du volume sonore accompagné par la douce guitare stacato et caresse de Léa Le Bricomte.


Photos du festival : Daphné Boussion

Soirée de clôture au Musée d´Art Contemporain, Charles Dreyfus reste toujours le dernier des fluxus comme il y eut le dernier des Mohicans, ce qui compte, c´est d´être ensemble, la poésie est inutile, comme l´art contemporain et l´art en général, comme le public et nous, comme lui et ce qu´il fait ou dit...
À chaque fin de prestation, performance de Charles je suis dans cet état : un état de réflexion et de tristesse, une mélancolie écho d´un (re)cueillement, une torpeur active.


Photos du festival : Daphné Boussion

Massimo Mori avait amené son gilet rouge de Florence, celui des garçons de Café du Giubbe Rosse, il caffè storico letterario où sévirent en leur temps les futuristes.
Jean-François Bory, malade, avec une migraine épouvantable avait du repartir vers Paris. Un autre avait lu ses textes présents en son absence...


Photos du festival : Daphné Boussion

Il y eut aussi ce grand moment des montagnes froides à la galerie de l´école des Beaux-Arts avec notamment une chorégraphie extraordinaire, dure et légère, stabile et remuée de Valentine Verraeghe.


Photos du festival : Daphné Boussion

Un moment simple et d´une extrême présence entre le Buto et la performance, entre l´Orient et un futur...


Photos du festival : Daphné Boussion

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Photos du festival : Daphné Boussion

Il y eut aussi un beau moment de soleil dans le jardin de la librairie de La Touriale avec :
Collette Tron, Armelle Kerouas et Nicolas Tardy.


Photos du festival : Daphné Boussion

Nombreux spectateurs, nombreuses auditrices, attentifs, présents, complices, lecteurs anciens ou futurs et, parmi eux,souvent le directeur du Centre International de Poésie de Marseille (CIPM) venus là, sans doute à la recherche de son public disparu mais surtout pour faire signer "sa" pétition.


Photos du festival : Daphné Boussion

Il arrive que les journalistes recoupent leurs informations ou écoutent plusieurs sons de cloche.
Ainsi ou aussi pour compléter les informations du fidèle lecteur du Journal-Sous-Officiel (JSO) parues dans La Provence du 17 novembre 2007 page 12, édition Marseille, je vous adresse ci-dessous ma réponse à celles et ceux, naïfs, imbéciles ou mal informés qui m´avaient demandé de signer la dite pétition... !

cette ville...
et cet "animateur culturel"
la poésie c´est énorme et c´est redevenu vivant, jeune, même si les vieux s´en mêlent...
Ce lieu est mort et réservé
sécurisé, à leur goût et désormais selon leur goût...
C´est bien de savoir ce que pourquoi on se bat !

(le texte original de la dite pétition est précédée du signe >)

> Les incertitudes du cipM
> Ce jeudi 25 octobre, 11 h 30, à l´Opéra de Marseille va être présenté
> le projet de candidature de Marseille Provence, capitale européenne de
> la culture en 2013.
>
> à l´heure où cette présentation va avoir lieu, et après les
> incertitudes qui ont pesé ou qui pèsent encore sur le comptoir
> Toussaint / Victorine et sur le théâtre de la Minoterie, des
> incertitudes pèsent aussi depuis quelque temps sur le cipM (centre
> international de poésie Marseille).
>
> La convention d´occupation triennale entre le cipM - créé en 1990 à
> la demande de la Ville de Marseille

& de qui - en particulier ? (relire les premiers numéros des cahiers du refuge, période couleur grise (du n°0 au n°38 et le DOC(K)S de 2006 - pages 145 à 159 - qui explique tout ça...) -

> et cette dernière arrive
> légalement à terme le 6 mai 2008.
> La DGAC (Direction Générale des Affaires Culturelles) ne souhaite pas
> renouveler cette convention, aux prétextes de sécurité et de
> circulations différenciées pour des publics non muséaux.
>
> Cette situation n´est pas nouvelle puisqu´elle dure depuis plus de
> trois ans, mais finit par nous lasser et par nous empêcher de
> travailler sereinement.
>
> Pour mémoire, la même demande, quitter la Vieille Charité, nous avait
> été faite il y a quelques années, nous avons alors prospecté plusieurs
> locaux, et proposé à la DGAC d´occuper sur la Canebière l´ancienne
> librairie Flammarion. Après visite et chiffrage, la DGAC nous demande
> de trouver avec ses autres partenaires environ 50 % du financement de
> l´ensemble des travaux d´aménagements.
> Le cipM les trouve, la DGAC nous fait alors part de notre
> incompréhension, nous signifiant que les 50 % s´appliquent à
> l´ensemble de l´opération ! Nous ne nous décourageons pas et quelques
> mois plus tard (assez fiers, il faut le dire), nous annonçons que nous
> avons trouvé auprès de nos autres partenaires (état, Région,
> Département) 950 000 euros.
> C´est alors que se fait un assourdissant silence : nous n´aurons
> jamais de réponse écrite à propos de ce projet de la part de la DGAC.

chacun son tour de faire le sourd et le muet...
l´arroseur arrosé !
(relire les premiers numéros des cahiers du refuge, période couleur grise et le DOC(K)S de 2006 qui explique tout
ça...-bis-)
>
> à l´heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne
> de la culture en 2013, hors l´injonction de la DGAC de nous faire
> quitter la Vieille Charité, nous ne savons pas quelles seraient les
> conditions, notamment financières, d´un relogement. Conditions que
> nous avons pourtant demandées à plusieurs reprises.
>
> à l´heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne
> de la culture en 2013, hors l´injonction de la DGAC de nous faire
> quitter la Vieille Charité aux prétextes de sécurité et de
> circulations différenciées pour des publics non muséaux (mais
> comment donc différencier un public muséal d´un public non muséal ? Ne
> vont-ils pas, publics confondus, visiter un bâtiment, regarder une
> exposition, travailler dans une bibliothèque ou un centre de
> documentation, se restaurer dans un café, acheter des livres dans une
> librairie ?), nous ne savons pas quelles seraient les conditions de
> sécurité à respecter afin de pouvoir rester à moindres frais pour la
> Ville de Marseille sur ce lieu.

Ils avaient un lieu à eux, (nous avions un lieu à nous ! Magnifique, parfait) : au Couvent du Refuge, ils ont voulu aller s´enfermer et s´isoler derrière les grilles de la Vieille Charité pour,(!) se "protéger des habitants du quartier" (disaient-ils...) : & voilà !
>
> à l´heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne
> de la culture en 2013, nous nous demandons tout simplement si la DGAC
> a le désir de soutenir le cipM, de lui laisser la possibilité de
> continuer son travail entamé il y a bientôt dix-huit ans.

dont 5 à 6 années à tourner en rond en totale fermeture, circuit fermé et le cercle se recroqueville encore...
(relire les premiers numéros des cahiers du refuge, période couleur grise et le DOC(K)S de 2006 qui explique tout ça - ter-)
>
> Travail, action, ténacité, rayonnement que nous avons su donner à ce
> lieu, cohérence et originalité de notre démarche, mais aussi
> compréhension, écoute et soutien de nos partenaires, des poètes et
> écrivains, qui nous ont valu une reconnaissance nationale et
> internationale.

Internationale, au cours de la période grise de couverture, désormais la couleur de la couverture a changé et la reconnaissance se limite à une poésie franco-française quand elle n´est pas franchement franchouillarde. Je ne sais si c´est de l´humour, de la méconnaissance, de la stratégie, du cynisme ou du mépris ?

> à l´heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne
> de la culture en 2013, nous ne voudrions pas commencer une nouvelle
> année en ne sachant pas dans quel lieu nous pourrons assurer notre
> programmation, dans quel lieu se trouveront les quelques 40 000
> documents de notre bibliothèque unique en France, dans quel lieu nous
> pourrons accueillir nos résidents, dans quel lieu nous pourrons
> montrer nos expositions, dans quel lieu nous pourrons organiser nos
> lectures et performances, dans quel lieu nous pourrons tout simplement
> continuer à faire rayonner la poésie.

tel un soleil ou une étoile morte ?

JE NE SOUTIENS PLUS LE CIPM
Nom : Blaine
Prénom : Julien
Profession : Poète, Fondateur du CIPM


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CAHIER DETACHABLE
Poésie Marseille 2007 -- 4ème !